Et si la ville levait le pied?
Et si ralentir la circulation rendait nos quartiers plus vivants ? En Suisse, plusieurs études et expériences montrent que l’apaisement du trafic (zones 20, zones de rencontre ou piétonnisation) peut renforcer la sécurité, la qualité de vie et l’attractivité des commerces de proximité.
L’apaisement du trafic et les conséquences pour les commerces des quartiers
Aujourd’hui, de nombreuses villes suisses repensent l’espace public en faveur d’une coexistence plus harmonieuse entre circulations motorisée, piétonne et cycliste. Au cœur de ces transformations : zones 20, zones de rencontre et piétonnisation – des mesures qui tendent à ralentir ou limiter complètement les voitures dans les quartiers commerçants. Mais quelles sont les données et études qui accompagnent ces choix ? Voici les plus importantes références et leçons tirées de la recherche et des projets en Suisse.
Projet « Zones de rencontre et quartiers commerçants » – Mobilité piétonne Suisse
Une étude nationale menée entre 2020 et 2021 s’est intéressée à 6 zones de rencontre situées dans des rues commerçantes (routes principales ou avec transport public).
Dans ces contextes, instaurer la priorité piétonne avec une vitesse limitée à 20 km/h fonctionne, notamment pour améliorer la cohabitation entre modes, la convivialité et l’attractivité sociale des quartiers.
Pourquoi c’est pertinent pour les commerces
Un environnement plus calme et piétonnier stimule les interactions spontanées, facilite les traversées de rue et invite les gens à rester plus longtemps dans la zone, des facteurs reconnus comme favorables à la fréquentation commerciale.
« Mobilité et commerce de centre-ville » – Mobilité piétonne Suisse
Cette recherche qualitative menée dans plusieurs villes (p. ex. Yverdon‑les‑Bains, Vevey, Fribourg) montre que la majorité des clients des zones commerçantes viennent à pied ou à vélo. Et, le volume d’achats transporté n’est pas plus important chez les automobilistes, contrairement à la perception exprimée par certains commerces.
Une piétonnisation ou une zone à vitesse réduite ne réduit pas la fréquentation, au contraire. Elle peut valoriser l’espace pour ceux qui visitent régulièrement les commerces.

Genève : « piétonnisation et achats font bon ménage »
Un rapport récent sur la Ville de Genève met en lumière que les habitudes de mobilité de la clientèle restent dominées par la marche, le vélo ou les transports publics, même après des aménagements réduisant la place de la voiture.
Cela réfute l’idée selon laquelle la piétonnisation mènerait nécessairement à une baisse de chiffre d’affaires pour les commerces.

Analyses générales - Importance du piéton pour le commerce
Même si ce ne sont pas des études purement suisses, des recherches urbaines internationales montrent que plus un espace commercial est piétonnier, plus il a de chances de générer du trafic d’acheteurs et des revenus :
Une grande étude comparative sur piétonnisation et commerce documente généralement des effets positifs des zones piétonnes sur la performance des magasins.
https://databank.publiekeruimte.info/wp-content/uploads/2017/02/Pedestrianization-retailing.pdf
Une vaste revue systématique des mesures d’apaisement du trafic montre que réduire la vitesse et encourager la marche et le cyclisme tend à augmenter l’accessibilité active et la qualité de vie, favorisant indirectement la fréquentation des espaces commerciaux.
https://www.mdpi.com/2412-3811/10/6/147
Un bénéfice indirect mais crucial
Un des arguments fréquemment avancés pour l’apaisement du trafic (zones 20, zones de rencontre, piétonnisation) est l’amélioration de la sécurité.
La limitation de la vitesse des voitures diminue drastiquement le risque d’accidents graves, et rend les zones urbaines plus sûres pour les piétons, cyclistes, enfants et personnes âgées.
En pratique, une vitesse réduite signifie non seulement moins d’accidents et de blessures graves, mais aussi une perception de sécurité accrue, ce qui encourage davantage de personnes à utiliser l’espace public de façon active – ce qui stimule indirectement la fréquentation des commerces.

